À moins de deux mois du premier tour, la bataille pour la 2e place se joue plus que jamais à droite. Entre Marine Le Pen, Eric Zemmour et Valérie Pécresse, trois candidats qui se talonnent dans nos sondages, l'affrontement s'est considérablement durci ces derniers jours.
ZEMMOUR TORPILLE LA DROITE. Eric Zemmour, qui se voit en dynamiteur de la droite et rêve de débaucher dans les camps de ses deux adversaires, a multiplié les attaques conjointes contre Emmanuel Macron et Valérie Pécresse, "Big Brother et Big Sister" selon sa formule. Le départ de l'unique sénateur RN Stéphane Ravier au profit de l'ex-polémiste, s'il est minimisé par les lieutenants de Marine Le Pen, constitue un nouveau coup dur pour Marine Le Pen, d'autant que son avance sur son principal concurrent s'érode au fil des jours.
PÉCRESSE MISE EN DIFFICULTÉ. Valérie Pécresse, dont la campagne peine à décoller, a fait face cette semaine à des défections au profit d'Emmanuel Macron. La principale étant celle d'Eric Woerth, ancien ministre de Nicolas Sarkozy et influent président de la commission des finances à l'Assemblée, lequel a estimé qu'Emmanuel Macron était le mieux à même de diriger le pays pour les cinq prochaines années. Quant à Nicolas Sarkozy, s'il a reçu Valérie Pécresse, il n'a pour l'heure apporté aucun soutien à la candidate de sa famille politique. Pire, en "off", il a critiqué sa campagne "inexistante". Celle-ci a tenté de se relancer à l'occasion de son premier grand meeting, dimanche, devant 7500 militants.
EMMANUEL MACRON DOIT ATTENDRE. Ses proches avaient prédit que l'actuel chef de l'État pourrait se déclarer si la situation sanitaire s'améliorait, et si une désescalade s'amorçait dans la crise ukrainienne. Si le Covid et ses variants semblent marquer le pas, la crise géopolitique qui oppose la Russie et les Occidentaux mobilise plus que jamais son agenda, avec un risque de conflit armé à la clé. De quoi repousser encore pour quelque temps une possible candidature. Pour autant, les équipes du futur candidat, toujours favori des sondages, sont déjà à l'œuvre sur le terrain.
TIMIDE LEADERSHIP POUR MÉLENCHON. À gauche, l'entrée en lice de Christiane Taubira a accentué le morcellement extrême de forces politiques déjà affaiblies. La candidate, qui comptait adosser sa légitimité sur sa victoire à la Primaire populaire, ne semble pour l'heure n'en avoir tiré aucun bénéfice dans les sondages. Si Jean-Luc Mélenchon conserve un timide leadership - autour de 10% des intentions de vote -, il n'est pas parvenu jusqu'ici à retrouver la dynamique de 2017, qui l'avait conduit aux portes du second tour, malgré des meetings mobilisateurs, comme celui organisé dimanche à Montpellier.
LE PS EN CRISE. Son concurrent le plus sérieux, Yannick Jadot, compte sur la dernière ligne droite pour faire décoller une campagne à la peine. En queue de peloton, le communiste Fabien Roussel - dont la campagne semble pourtant imprimer à gauche - et surtout la candidate PS Anne Hidalgo, ne sont pas assurés, pour l'instant, d'atteindre la barre fatidique des 5% au premier tour du scrutin.
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